Pourquoi le Pastoralisme ?
 
4- Parce que cette pratique est traditionnellement associée à la montagne

Par son histoire géologique, par ses formidables remparts naturels, par ses vallées isolées et ses climats extrêmes, la montagne offre un cadre particulier aux hommes, une tribune qui théâtralise en quelque sorte la diversité exprimée par ses habitants. Zone de refuge contre les invasions ou contre le pouvoir d’en bas, on ne compte plus les nombreux cas de résistance qui y sont associés. Le caractère autarcique et autonome de ses résidants tranche avec les nombreux courants d’échanges qui les ont traversés très tôt dans l’histoire et dont la transhumance fait partie.

La montagne est l'origine des bassins hydrographiques, des grands fleuves et de l'écoulement de leurs eaux. La gestion et l'aménagement des rivières ont pris une importance capitale ces derniers siècles. C'est en effet pour arrêter les crues catastrophiques en plaine que l'homme s'est intéressé à la déforestation. Ainsi la montagne fut un territoire précurseur en matière de protection de l’environnement.

Lieu de source, la terre sur laquelle échoua le bateau de Noé est aussi une zone de ressource tout autant qu'un endroit où l'on se ressource. Le bois, les minerais, "l'or blanc" l'air pur et une nature préservée y sont recherchés. En France, les parcs nationaux et régionaux y maintiennent une biodiversité naturelle et culturelle parfois unique, et deviennent des laboratoires à ciel ouvert pour un nouveau rapport avec notre environnement. La diversité des milieux due aux différents étages de végétations, à l'exposition des versants au soleil, et aux activités humaines (parmi lesquelles le pastoralisme joue un rôle majeur), propose un cadre complexe aux expériences écologiques.

L'écotourisme enfin, sensible à l'authenticité, y a fait son entrée ces dernières années et impose ses exigences. La préservation est devenue l'affaire de tous au risque de confondre les priorités et de figer la montagne en une image idéale de paradis perdus, la recherche d’authenticité n’étant jamais, en définitive, que l’idéalisation d’un souvenir.

 

Sources :
1- Coll. , Histoire du premier parc national français, ONF, 1994