Pourquoi le Pastoralisme ?
 
6- Parce qu’enfin le pastoralisme, par ces multiples entrées, par les questions qu’il soulève est d’une incroyable modernité

Il y a quelque chose d'immuable dans le pastoralisme, cet accord simple avec les lois universelles.
Ce que nous, Hommes modernes, recherchons, le pastoralisme l'a en lui.
Cette adéquation entre l'humain et la Nature, l'animal domestiqué et le sauvage, entre le sédentaire et le nomade, le stable et le mobile.
Il pose la question de l’équilibre fragile entre le groupe et l’individu, la collectivité et l’individualisme, non pas dans une opposition, mais plutôt dans une complémentarité. L’éleveur face à ses bêtes, le troupeau face aux communautés humaines (ONF, ONC, tourisme, etc). Le concept de Biodiversité n’est-il pas la conscience individuelle reconnue, à l’intérieur d’un groupe régulateur et initiateur ?
Alors qu'on s'évertue à rechercher un équilibre en rentabilisant nos "avancées" technologiques, que des économistes de l'OMC et du FMI parlent enfin de "décroissance économique", le pasteur reproduit une société basée sur l'économie de moyen de production et de besoins.
On découvre avec surprise que les meilleurs acteurs pour une gestion de l'environnement sont, entre autres, ces sociétés pastorales nomades que l'on disait primitives. Encore faudrait-il que nous leur laissions l’espace et le temps pour évoluer (car elles ne sont pas parfaites), qu'on ne les enferme pas derrière un concept flou d'authenticité pour le besoin touristique d'exotisme.
La Terre risque de changer au cours des prochains siècles avec une rapidité déconcertante. Chaque être humain sera concerné et obligé de s'adapter. Espérons alors que nous nous  tournerons une nouvelle fois vers les montagnes et leurs richesses pour accéder à ce qu'elles offrent de plus sage: prendre de la hauteur.
Pour V. SCHILTZ, archéologue spécialiste des civilisations nomades d’Asie centrale, «  Cette pastorale, les sédentaires que nous sommes devenus devraient en tirer la leçon. Faute de quoi nous risquons de devenir, à l’image de la connotation négative que le Mongol attribue au verbe qui signifie résider continuellement à la même place, d’éternels « demeurés ».