Pourquoi les Khurdes ?
 

1- Pour un trait rouge sur une carte…


La Turquie frappe aux portes de l’Europe et suscite le débat…
Au-delà des positions partisanes, ce pays intrigue par l’incontestable complexité de sa situation tant politique que géographique. Quiconque aura traversé son territoire, rencontré ses habitants, partagera un sentiment ambigu et nuancé qu’en à sa réalité globale. Un mélange d’attirance pour la grande chaleur de son accueil, et de rejet pour l’idéologie nationaliste qui attise ce pays. Une distinction nette entre société civile et gouvernance politique.
En 1994, un excellent ouvrage intitulé « L’homme et le mouton » publiait une carte du pourtour méditerranéen. Elle recensait les régions où se pratiquaient encore les déplacements saisonniers des troupeaux de moutons, plus communément appelé Transhumance. La Turquie y figurait en bonne place à côté de l’Espagne, la France, l’Italie, et l’ex-Yougoslavie, et de ses voisins immédiats, Grèce, Bulgarie et Roumanie. Or seulement l’ouest du pays était mentionné. De la chape de plomb imposée à sa partie orientale, la région kurde, rien ne filtrait.
Huit ans plus tard, en 2002, un autre ouvrage consacré à la transhumance utilisa de nouveau cette carte. Et une fois de plus, les Kurdes étaient oubliés… Pour autant, de nombreuses sources témoignaient bien de l’existence d’une pratique homogène de l’élevage ovin dans l’Est de la Turquie. Alors, qu’en était-il du pastoralisme transhumant ?
Pour un trait rouge sur une carte...